La couleur de l'amour
Toutes les couleurs sont possibles face à la naissance. Toutes les expériences d'accouchement marquent les parents dans leur histoire à raconter. Comme une machine à gomme balloune lorsqu'on tourne la manivelle... Marie-Noëlle ne s'attendait pas à voir arriver si vite sa petite fille en jasant de Fudgee-O.
Il y a quand même pas si longtemps, j'écrivais l'histoire de naissance de Léo et me voici à la porte de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont pour la naissance du deuxième enfant de Marie-No et Max. Cette fois-ci, les chapitres s'écrivaient différemment. Il y a avait des semaines de plus dans l'histoire, de la haute pression bien contrôlée et un bébé qui se rendait à terme. Les pieds de hobbit à Marie-No n'étaient pas revenus et Maxime avait peine à croire qu'elle se rendait si loin dans la grossesse. Léo avait fait une entrée rapide sur la terre alors c'est une surprise de voir ce deuxième bébé attendre patiemment sa sortie. Déjà, nous pouvions comprendre que tout serait différent.
Des strippings, un bouchon, des contractions; chaque petite indication arrivait à petite dose. Un flou rayonnant planait et Marie-No envoyait Max lui acheter des biscuits au chocolat pour patienter. Une rangée à la fois.
Je suis arrivée à la chambre 732 à 12h35 le 4 septembre dernier. La même chambre qu'à Léo! L'environnement m'était familier, mais tout me semblait tellement différent. J'étais persuadée que nous étions dans une autre chambre. La lumière, les tons, les couleurs; il y avait quelque chose de léger comme des agrumes l'été. Une sorte de passage vers un autre temps. Un sentiment surprenant, positif et agréable.
J'ai senti l'assurance et la proximité des mes amis dans cette chambre. Marie-No venait juste d'avoir l'épidurale et Maxime assumait ces longues heures d'attente à venir. Il savait que ça peut être long, parfois. Mais avec son attention portée sur le moniteur, il constatait la puissance des contractions et surveillait son amoureuse avec émoi. La douceur de ses doigts cohabitaient avec son regard étonné. C'est comme s'il essayait de se convaincre que la route était encore longue pour elle sans voir les signes que tout filait à grande vitesse. La grande question du sexe du bébé arrive dans notre conversation et Maxime répond spontanément: "C'est un p'tit gars!".
Tu penses?
J'ai cru à cette attente, même si l'infirmière revenait souvent visiter Marie-Noëlle. J'aurais dû comprendre. Elle sentait la pression. Elle l'a dit à plusieurs reprises. Et moi, je décide d'aller prendre une marche! Je me disais que je devais les laisser ensemble un peu et que Marie-Noëlle pouvait entrer dans sa bulle de gomme balloune pour se centrer et reprendre conscience de son corps. Elle aurait voulu aller à la crèmerie avec Léo, mais son deuxième bébé allait se pointer le bout du nez aujourd'hui.
Rendue au bout du corridor, j'ai tourné les talons et je suis revenue dans la chambre.
Zoé est née à 16h09
Marie-Noëlle était installée pour accoucher! Maxime me dit: "Une chance que tu n'es pas allée trop loin!". La tête était là. La médecin s'en vient. l'infirmière lance qu'elle a un petit bébé pressé. Marie-No va pousser quelque fois et sa merveille va arriver dans ses bras avec tant de tendresse. Léo devait manger sa crème glacée quand sa soeur est née. OUI, sa soeur! Maxime avait vu faux. C'est sa fille qui avait fait sa tannante en faisant attendre maman et non son fils. J'imagine qu'elle va toujours les surprendre. L'expression de Maire-Noëlle est magnifique lorsque Maxime lui dit que c'est une fille! Zoé est née est 16h09.
Je dis son prénom tout de suite parce que Maxime a vu sa Zoé dès ses premières secondes de vie. C'était beau à entendre.
Toutes les couleurs sont possibles dans cette famille magnifique! Il y a des lettres qui se ressemblent entre Léo et Zoé, mais pas du tout la même histoire de naissance. Il y des réactions vives et des conversations de biscuits aussi. Leur amour inébranlable et leur complicité. La petite Zoé gomme balloune prendra sa place et fera le bonheur de ses parents avec toutes ses surprises. Elle entrera dans une famille de casquettes de baseball, d'humour toujours discutable et de Fudgee-O au chocolat.
Elle prendra la vie, une rangée à la fois.